Dans le cadre d'une programmation, qui porte cette année sur les enjeux, dispositifs
et mécanismes inhérents à l'exposition, La BF15 a lancé un appel à projet. Soixante artistes, en lien à la région Rhône-Alpes et dont le parcours n’a pas ou peu donné lieu à des expositions personnelles, ont alors imaginé un projet en cohérence avec cet axe thématique. En février 2014, un jury composé d'Alexandrine Dhainaut (critique d'art), Jennifer Douzenel (artiste), Dominique Gaudry (président de La BF15), Jan Kopp (artiste),
Perrine Lacroix (directrice de La BF15) et Guillaume Louot (artiste et vice-président de La BF15) a retenu la proposition d'Eva Barto qui présente, à cette occasion, sa première exposition en France.

Actuellement en Post-diplôme à l'École nationale des beaux-arts de Lyon, pour sa première exposition en France, la jeune artiste propose de mettre en exergue les problématiques et conventions de l’exposition en tant que telles, tout en provocant un renversement de ses acquis. Considérant l’exposition dans sa totalité, comme structure réunissant oeuvres, médiation, diffusion, accueil, stockage, documentation, (dé)-montage, etc., Eva Barto en déduit des outils à détourner puis à façonner pour initier une nouvelle réalité.

Le décalage paradoxal que je souhaite produire pour cette exposition prend appui sur une série de pièces qui apparemment n’en sont pas, ou en tout cas ne sont pas ce qu’elles prétendent être. Ce dérapage calculé se déploie à travers de nombreux éléments qui viennent s’imbriquer dans des propositions distinctes mais qui pourtant sont chorégraphiées spatialement et conceptuellement entres elles.
L’espace global se veut témoin d’une ambiguité quant à l’origine de sa fonction et de sa destination, un espace non définissable auquel de prime abord on n’assignerait aucune oeuvre. Mon projet s’attache alors à insister sur les détails, sur ces objets obsolètes tombés en désuétude, dissimulés dans de plus amples structures, que seule une médiation orale ou écrite adaptée et travaillée pourra permettre de rendre compte.
Face à cette fiction bancale, les repères du visiteur sont confrontés à une constante ré-orientation due à la répétition de certains éléments, dans un environnement accueillant mais dénué d’identité.
Les acquis de l’exposition font ainsi place à la fausseté, à l’exagération, à la dissimulation, à l’annulation,
au presque inaperçu, tous actants pour un continuel ressenti d’incertitude.
(Eva Barto)

En partenariat avec CAPDA

lien :

Site Eva Barto (evabarto.net)