Guy Ben-Ner

Escape artists 

commissariat Perrine Lacroix

dans le cadre de La Saison France-Israël 2018

Depuis  le début des années 1990, Guy Ben-Ner se met en scène avec sa famille dans des espaces privés ou publics transformés ad hoc en studios ou en salles de jeux fantastiques. Une série de films s’est progressivement constituée à partir de son histoire personnelle mais aussi en référence à l’histoire de l’art et du cinéma. Offrant de multiples points d’entrée dans une approche profondément humaine, ce travail se traduit dans un style doucement surréaliste, pouvant inclure à la fois des appareils cinématiques sophistiqués et des éléments astucieux du do-it-yourself.

À l’occasion de cette première exposition personnelle dans un espace d’art contemporain en France, l’artiste présente deux films.
Pour I’d give it to you if I could, but I borrowed it, réalisé en 2007 dans le cadre de Skulptur Projekte à Münster, l’artiste reconstitue – avec la complicité de ses enfants – une bicyclette à partir de fragments d’œuvres qu’il démonte dans les salles d’un musée : la roue de Duchamp, le guidon de Picasso, le cadre de Tinguely, etc. De façon humoristique, il extrait ces objets de l’autorité muséale pour les rendre à nouveau fonctionnels dans cet assemblage qui les transporte ensuite à travers la ville.
Dans Foreign Names, Ben Ner a visité une centaine d’Aroma Espresso Bar où il a laissé à chaque fois de nouveaux noms pour être appelé au comptoir une fois la boisson prête. Il a ensuite édité tous les segments enregistrés pour créer une “ode” de lamentation à la disparition des serveurs. 
Le film Escape Artists — sa dernière production montrée ici dans son intégralité — se réapproprie quant à lui le langage filmique.
Depuis trois ans, l’artiste donne des cours de vidéo hebdomadaires dans la prison de Holot, construite en 2013. Située dans le désert israëlien du Néguev, à 2 km de la frontière égyptienne, elle accueille des demandeurs d’asile, originaires d’Érythrée et du Soudan. Comme les caméras ne sont pas autorisées à l’intérieur de la prison, l’équipe a dû travailler avec des téléphones portables.
“ Réalisant que les problèmes traités cinématographiquement et les problèmes de la situation dans laquelle nous nous trouvions coïncidaient, j’ai décidé de renverser le cours des choses ” précise l’artiste : “ ce n’est pas le film qui donne la parole aux demandeurs d’asile, mais c’est grâce à eux que s’expriment les outils cinématographiques. Escape Artists peut être ainsi lu comme un manuel pédagogique à la réalisation de films, tandis que la vie des réfugiés n’est qu’un sous-produit qui fait surface, comme involontairement, tel un effet Koulechov”.

en partenariat avec Zérodeux et Grame - centre national de création musicale

liens :

Saison France-Israël (www.saisonfranceisrael.com)

Guy Ben-Ner (https://www.konradfischergalerie.de/artists/guy-ben-ner/show)