Pour la première exposition de ces "duos provoqués", Longitude associe l'oeuvre de Thomas Léon (né en 1981, vit à Paris) à celle de Guillaume Louot (né en 1976, vit à Saint-Etienne et Marseille) sur une ligne commune d'investigation des formes historiques de la modernité et de notre rapport au volume sonore, plastique et spatial.

Dans la première salle, Thomas Léon présente Sans-titre (Ghost tower), une sculpture sonore inspirée à la fois des Architectones de Kasimir Malevitch et du design des enceintes acoustiques. Un volume noir en bois massif repose penché sur le côté, comme une architecture échouée. La matière sonore, faite de bruits et de sons électroniques, déploie un récit abstrait de la construction de la tour et de sa chute. 

Guillaume Louot propose quant à lui une nouvelle version de ses Peintures Reportées, installations nées d'opérations de transfert et d'une pratique combinatoire du motif pictural.

Pour Longitude, il crée P.R.GT2, trois muraux de peinture. Leurs dessins et leurs dimensions se basent sur l'un des gabarits obtenus à partir du volume de Sans-titre (Ghost tower), et leurs agencements varient dans l'alternance des pleins et des vides de l'architecture du lieu.

Leur matière noire fait également ressurgir les formes d'une peinture formaliste. La figure dominante du suprématisme, ainsi que la formule less is more de Mies van der Rohe sont en effet des pistes conduisant l'artiste aux différents emplacements de la peinture dans l'espace. Cette somme de déclinaisons formelles, se limitant à des compositions au premier degré (fond / forme), est également inspirée du all-over et de la neutralité du minimal art.

Dans la deuxième salle, DECA expose le processus de construction du gabarit de P.R.GT2.

Sous la verrière, Glass House (un film de repérage) est une installation vidéo et sonore de Thomas Léon, inspirée des notes de Sergueï Eisenstein pour un film non réalisé intitulé Glass House. La vidéo est une exploration des sources architecturales du projet d’Eisenstein (l’architecture de verre aussi bien expressionniste que moderniste), en même temps que leur actualisation par l’introduction d’éléments architecturaux contemporains ou prospectifs.

La bande-son diffusée sur cinq enceintes est composée à partir d’enregistrements d’un cristal Baschet. Cet instrument, mis au point en 1952, est constitué de tiges de verre accordées chromatiquement, frottées par les doigts de l’interprète. L’amplification se fait au moyen de résonateurs en fibre de verre et en acier. Elle se déploie comme un paysage sonore qui entre en résonance avec l’image, donnant la sensation qu’on se déplace à l’intérieur du son comme dans une architecture.

dans le cadre de la biennale Musiques en Scène 2012
Glass House (un film de repérage) a été réalisée en coproduction avec Grame/biennale Musiques en scène, le Digital Art Center de Taipei, l’ENSBA Lyon, la Muse en circuit, CNCM Alfortville, la Ville de Beauvais, Le Labo, ALE

liens :

Biennale Musiques en Scène - Grame (www.grame.fr/Biennale/2012)

Thomas Léon (www.thomasleon.net)

Guillaume Louot (www.guillaumelouot.blogspot.com)