Dans la lignée et l’appropriation de certaines stratégies de l’art conceptuel historique, les œuvres de Vittorio Santoro opèrent une nouvelle tentative de la  « dématérialisation » de l’art. Avec une économie de moyens, elles installent le spectateur dans des interférences des sens et du sens.
L'artiste investit l’espace de La BF15, par deux dispositifs qui sondent notre condition en instaurant un questionnement sur notre rapport au temps, à l’espace, au langage et à la communication.

AN/ÄSTHESIE, Part II est une installation architecturale dans laquelle se manifeste la représentation du langage, à travers différentes formes. Nous pénétrons dans un espace dédoublé par une cloison et deux interrogations (une sonore et une visuelle). D’un côté, se trouve une œuvre audio diffusée par deux haut-parleurs accrochés au mur dans laquelle deux jeunes personnes (de onze et quatorze ans) posent la question "What proves you are not here?" (Qu’est-ce qui prouve que vous n’êtes pas ici?) dans des intonations différentes. Ce dialogue subliminal déroutant est marqué par une quasi-similitude des deux voix, de leurs modulations, des variations de leur intensité et de leur tonalité. De l’autre côté du mur, des lettres lumineuses formulent une deuxième question "What proves you are here?" (Qu’est-ce qui prouve que vous êtes ici?) comme un écho positif à la première.

La seconde installation, MAN LEAVING HARBOUR ON A SHIP (IN A ROOM), est une toute nouvelle production de l'artiste. Dans un espace fragmenté cette fois par une seconde architecture de câbles, sont diffusées les deux faces d’un disque vinyle 33' (joué en 45 tours) selon un protocole précis : L’organisateur de l’exposition veille à ce que la lecture de la face B (conclusion) ait lieu le lendemain de la lecture de la face A (commencement), et ainsi de suite. Sur la face A est diffusé le fragment d'un compte-rendu de la pièce de théâtre Emmanuel Kant de Thomas Bernhard, et sur la face B, un énoncé différent, mais qui garde cependant une certaine symétrie avec la face A, en en empruntant des mots clés.
Le silence au début et à la fin de chaque face du vinyle fait partie intégrante de la pièce.
Le disque vinyle MAN LEAVING HARBOUR ON SHIP (IN A ROOM), pièce sonore en deux actes, en deux jours ainsi que le livre d’artiste ont été produits à l’occasion de l’exposition.

Le dessin Until Nothing Happens, I est imprégné par le passage du temps. L'écriture de la même phrase répétée chaque jour pendant six mois a demandé un effort mental et physique à l'artiste. Cette expression poétique et son expérience sémantique révèlent les strates de son processus.

Dans ces jeux de symétrie et d’asymétrie, l'exposition rejoue différentes stratégies de non linéarité et de ruptures mises en place par Vittorio Santoro pour générer des troubles perceptifs et cognitifs chez le spectateur.

Un disque vinyle MAN LEAVING HARBOUR ON SHIP (IN A ROOM), une pièce sonore en deux actes, en deux jours et un livre d’artiste sont produits à l’occasion de l’exposition.

L'exposition MAN LEAVING HARBOUR ON SHIP (IN A ROOM) est réalisée 
avec le soutien de Pro Helvetia et de la galerie XIPPAS, Paris
remerciements au Musée d'art contemporain de Lyon
Georges Benguigui, Claude Chaffurin, Dominique Gaudry et Maria Landgraff

lien :

Vittorio Santoro (www.vittoriosantoro.info)