Aires explore différentes géographies : subjectives, sculpturales, poétiques, linguistiques. Les réalisations, images, installations et textes habitent et dialoguent dans l'espace. 

Au mur, Pascal Poulain (né en 1972, vit à Lyon) déroule sur une longueur de 21 mètres, La carte qui déploie un territoire sans frontière, ni reliefs, depuis les côtes espagnoles jusqu'à l'Afghanistan, et des côtes françaises jusqu'à la Turquie. Seule la sonorité des différentes toponymies, l'orthographe des villes et des villages nous fait passer d'un pays à l'autre. Les ellipses respectent un quadrillage choisi par l'artiste et la configuration de l'espace (ses surfaces, ses pleins, ses vides, ses circulations). Dans les manques, entre les mots, entre les murs, le spectateur tente la reconstitution d'un territoire global.

Les sculptures de Mathilde du Sordet (née en 1979, vit à Lyon) ont été conçues spécifiquement pour cette exposition, questionnant les notions de territoire et de déplacement. D'un point à une ligne est réalisée pour le lieu en tenant compte de l'ouverture sur la rue. La sculpture peut être abordée à la manière d'une image depuis l'extérieur pour ensuite circuler à l'intérieur parmi les matériaux la constituant. Faite de jonctions entre différents éléments, la dynamique de la rue et une photographie de Till Roeskens, D'un point à une ligne tisse des énigmes. Dans Pan, des espaces délimités sont réunis : une chute de cuir, une plaque de bois ou encore un morceau de papier. Les matériaux sont ici comme des territoires nourris d'histoire, qui, une fois superposés, mettent en jeu l'idée d'édification et de construction. Lointain, dont le titre rappelle le genre du paysage, est une imbrication d'éléments au sol, sujets à des glissements ou étirements.

Dans Vidéocartographies : Aïda, Palestine, Till Roeskens (né en 1974, vit à Marseille) demande aux habitants du camp Aïda, près de Bethléem, de dessiner des cartes mentales de ce qui les entoure. À travers six chapitres qui forment autant de courts-métrages potentiellement indépendants, nous découvrons pas à pas le camp de réfugiés et ses environs, nous suivons les trajets de quelques personnes et leurs tentatives de composer avec l’état de siège sous lequel ils vivent. Un hommage à ce que l'artiste appelle "résistance par contournement, à l’heure où la possibilité même de cette résistance semble disparaître". La ligne tracée par les différents protagonistes de la vidéo crée comme des entrelacs d'histoires, d'émotions et de mémoires.

liens :

Till Roeskens (documentsdartistes.org/artistes/roeskens/repro.html)

Mathilde du Sordet (www.mathilde.dusordet.com)

Pascal Poulain (pascalpoulain.com)