Le monde d’aujourd’hui n’a de cesse d’ouvrir à la photographie de nouvelles et passionnantes possibilités.
Dans cet esprit, l’une des qualités romantiques de la photographie est toujours préservée : sa capacité à être un témoin de l’époque. Les oeuvres bulgares choisies ici reflètent cette période instable de transformation et d’ajustement typique des bouleversements politiques et économiques des années 1990.

La sélection peut avoir l’air condensée ou fortuite. Pourtant, elle contient l’esprit du temps, sans grand drame ou victoire finale ; elle conserve l’atmosphère d’espoir et de désir, d’enchantement et de frustration.

Quand, en 1995, Luchezar Boyadjiev (né en 1957, vit à Sofia, Bulgarie) conçoit son projet Chairs and Symbols. A Project for peaceful Co-identification, il envoie un appel au monde entier, aux hommes politiques et aux citoyens, en leur offrant une chance de résoudre leurs conflits et leurs questions identitaires grâce à une action. Les agencements de chaises (en forme de marteau et de faucille pour les communistes, de croix pour les démocrates-chrétiens, de croissant pour les musulmans fondamentalistes, etc.) situés dans une immense salle de congrès internationaux auraient sans doute fait la joie des médias de masse…

Pravdoliub Ivanov (né en 1964, vit à Sofia, Bulgarie) laisse l’empreinte de sa main dans la glace du congélateur et photographie le processus et l’empreinte Hand Print. Il a conscience du côté éphémère et finalement dénué de sens de l’espoir de laisser une trace personnelle durable. Le moment où il fait sa tentative est un temps/espace de rejet et d’oubli, des idéologies et des partis, des individus et de leurs réalisations. À La BF15, il inscrit dans une peinture murale Less is more.

Dans The small Eiffel Tower meets the big oneKamen Stoyanov (né en 1977, vit à Vienne, Autriche) est ironique à propos de son nouveau privilège, qui existe davantage comme un potentiel abstrait que comme une possibilité réelle. "Paris" est un bar bon marché quelque part en Bulgarie, dont le nom et le lieu sont rendus réels par l’existence d’une petite et primitive copie de la tour Eiffel sur le toit du bar. Cela est bien suffisant pour que l’artiste "fasse l’expérience" de Paris, la ville des rêves. Cependant, plus tard en 2007, Stoyanov est non seulement personnellement en mesure de visiter Paris, mais aussi capable de transposer sa précédente "expérience" parisienne sous la forme d’une mise en abîme photographique.
Pour Transfert, l’artiste présente aussi une vidéo récente intitulée Phantom.

Un grand nombre d’oeuvres de Stefan Nikolaev (né en 1970, vit à Paris et Sofia, Bulgarie) reflètent l’état de confusion dans le monde réel qui nous entoure. Dans la vidéo Screensaver / The Hard Disk / The Disk, un homme marche sans effort sur le plafond et sur les murs tout en zappant avec sa télécommande des standards internationaux réinterprétés en bulgare. Dans Monument to Monument, un héros bulgare rend visite à un autre de son espèce en Suisse. Puisque nos esprits ont été corrompus par diverses manipulations virtuelles, et afin de convaincre le spectateur que le voyage a réellement eu lieu, l’artiste représente la visite dans un cycle de photographies, espérant que notre foi dans le document photographique soit plus stable que la foi dans la stabilité des monuments.
 
dans le cadre de Lyon Septembre de la Photographie 2008
en partenariat avec l'Institut français de Sofia (Bulgarie)
 

liens :

Pravdoliub Ivanov (www.pravdo.com)

Lyon Septembre de la Photographie (www.9ph.fr)