En résonance avec la Biennale d’Art Contemporain de Lyon 2007

Anita Molinero (née en 1953, vit à Paris) compose une archéologie de notre quotidien à partir d’objets qui nous entourent et tout particulièrement d’éléments en plastique qu’elle fond et déforme, leur redonnant ainsi une nouvelle présence esthétique. Visions oniriques, féeriques ou catastrophiques, ses oeuvres se réclament d’une ère « PostTchernobyl », comme l’artiste aime à le préciser, entre désenchantement et magie du monde.

Dans le nouvel espace de La BF15 – tout juste réhabilité par le cabinet d’architecture Nesso – Anita Molinero réalise un ensemble de pièces qui laissent échapper les effluves d’une inquiétante époque. Elle investit la première salle dans sa verticalité. Une colossale tour s’y impose, constituée de plus de 36 000 plaques d’emballage bleues alvéolées empilées et brûlées. En regard sur le mur, se dresse une colonne vertébrale rouge articulée de plots de chantier explosés. Non loin, un banc se dresse, alors que Dépouille se déploie au sol. Avec Cocoerrance, l’artiste revisite une table de travail avec une plaque d’inox dans un mouvement expressionniste saisissant. Sous la verrière, s’étale au ras du sol une sculpture horizontale dont le plomb s’écrase de façon radicale. La force plastique de ses sculptures nous met face à une réalité transfigurée, une force destructrice sublimée. 

lien :

Anita Molinero (www.documentsdartistes.org/artistes/molinero)