Marion Baruch, née en 1929 en Roumanie, a traversé de nombreux pays et sa production de multiples formes. Des peintures des années 60 aux sculptures et installations conceptuelles datant des années 80, des productions collectives réalisées à Paris dans les années 90 - 2000 aux nouvelles pièces créées en Italie à partir de chutes de tissu depuis 2012, la vie et l’œuvre de Marion Baruch semblent indissociables et non assignables.

Au coeur de ces traversées, les formes semblent ainsi s’affirmer, dans leurs fines réserves, comme de fragiles apparitions, ou dans cet état de “présence-absence”, tel que le souligne Noah Stolz, commissaire d’exposition qui accompagne l’artiste dans ses projets depuis bientôt cinq ans :
“Les formes qui animent ces corps fragiles sont issus d’un processus qui traverse l’histoire de l’humanité toute entière. Le tissu est en quelque sorte le premier langage organisé créé par l’homme, un langage qui connecte une imagerie à un geste et ceci à travers un processus d’abstraction. Les restes de confection utilisés par l’artiste sont soumis à plusieurs étapes de réflexion. Premièrement, l’image qui affleure à la sortie des sacs fournit par l’industrie de la confection. Ensuite, l’artiste sépare les chutes et les suspend. Une forme d’apparition a lieu à ce moment là. Marion entame alors un processus de manipulation très délicat, suivant avant tout, ce que la force de gravité impose. Ce processus convoque plusieurs instances de l’acte de création, mais aussi elle accueille l’étincelle d’une mémoire qui s’allume”.

À La BF15, ces tissus convoquent la nature tout en investissant l’espace de façon abstraite et organique. De la première salle ouverte sur l’exterieur par ses larges vitrines, à l’intimité sous la verrière, le centre d’art prend des allures de jardin d’hiver, habité d’une existence sensible.