Pour sa participation à SUPERVUES 2014, La BF15 invite Estèla Alliaud (née en 1986, vit à Paris) à réaliser deux nouvelles œuvres in situ en écho à l'espace et à la temporalité intimistes, propres à l'hôtel Burrhus qui accueille l'évènement.

Une pile de draps pliés est posée au sol. Assemblés et cousus, ils reconstituent le patron à échelle 1 de La chambre 7. Sur les murs, différentes teintes de gris ont été appliquées juste après avoir été prélevées. Elles témoignent des variations lumineuses et des Ombres calmes qui ont traversé l'espace à un temps donné, constituant ainsi un nuancier grandeur nature.

L'artiste poursuit également la série Sans titre, 20141, continuant à disposer, dans chaque lieu où elle est invitée, un élément issu d’une exposition précédente, comme pour suspendre le devenir des choses dans l'attente d'un prochain geste.

"Dans des intérieurs volontairement neutres, Estèla Alliaud enclenche des phénomènes simples avec des matériaux qu’elle met en scène : recouvrement d’un sol par une flaque de lait, envahissement d’une pièce vierge par un nuage de cendre, plaque de glaise s’affaissant doucement sur du contreplaqué… Ces mises en espaces à la fois raisonnées et intuitives sont photographiées en temps réel. Si l’appareil photo est utilisé pour ses qualités descriptives, il est aussi pour l'artiste un outil de spéculation.
Les visions fragmentées qu’elle prélève de ces expériences mettent en valeur des phénomènes ténus : équilibre fragile d’un agencement de masses, apparitions discrètes de phénomènes provoqués par contacts, passages d’un état vers un autre. Parfois, l’artiste choisit de les restituer en plusieurs clichés afin de suivre les évolutions de la matière, la façon dont le mouvement s’y inscrit ou s’y fixe. Cette matière devient ainsi mémoire, témoignage sensible d’un avènement ou d’une disparition. A chacun d’évaluer à quel moment de cette évolution il se trouve. L’œil effleure la surface des matières et la vision s’affine au contact de détails infimes. Estèla Alliaud éveille ainsi la sensibilité du regardeur en substance, sans la diriger vers une thématique définie."
Marguerite Pilven, 2013, extrait.

1- En écho à l’exposition Les ContreCiels à la galerie PapelArt, du 21 novembre 2014 au 31 janvier 2015.

dans le cadre de SUPERVUES 2014, Hôtel Burrhus, Vaison-la-Romaine
 

liens :

Estèla Alliaud (www.estela-alliaud.com)

SUPERVUES (www.supervues.com/supervues-2.html)